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Dans une reprise de dressage, l’arrêt est extrêmement important, car c’est l’une des premières et dernières figures vues par le juge. Comment réussir un bel arrêt ? Arnaud Serre, cavalier international de dressage, livre quelques conseils.

L’ARRÊT DEPUIS LE PAS

Pour que votre cheval s’arrête bien depuis le pas, il faut veiller à ce qu’il marche d’un pas suffisamment actif. En effet, les cavaliers ont souvent plus de difficultés à réussir un bel arrêt depuis le pas, car leur cheval est trop tranquille, voire un peu mou, et ils ne « montent » pas suffisamment leur transition. Recherchez donc un pas actif dans les postérieurs. Pour cela, faites des transitions dans l’allure, allongez puis réduisez le pas. Essayez d’avoir un cheval réactif. Puis au moment de vous redresser pour demander l’arrêt, mettez les jambes. Votre cheval sera alors tonique pour s’arrêter correctement.

ARRÊT AU CARRÉ

Lors de l’arrêt, il peut y avoir un postérieur qui traîne, souvent toujours le même. Il faut apprendre au cheval que quand on met la jambe, il range son postérieur en l’avançant. Le plus important, c’est de poser l’arrêt et que le cheval ne bouge plus. S’il a un postérieur qui est à la traîne, on va agir avec la jambe du côté du postérieur pour faire comme si on demandait le mouvement en avant et appeler le postérieur à revenir. On s’aide doucement de la cravache si besoin. L’essentiel c’est qu’il comprenne le mécanisme. On peut aussi ramener les postérieurs pendant qu’on demande l’arrêt. On essaie de grandir son cheval et de garder ses jambes actives pour qu’il ait envie de se mettre au carré. Lorsque l’on demande l’arrêt depuis le trot, on peut passer par une phase de quelques foulées au pas rassemblé en se tenant avant de demander l’arrêt et que le cheval se pose. Mais attention, il ne faut pas que le cheval se plante dans le sol. Il vaut mieux faire deux foulées de pas et qu’il se pose tranquillement et correctement dans son arrêt. Même chose au galop.

L’IMMOBILITÉ

Autre problématique parfois rencontrée, le cheval qui ne tient pas l’arrêt. Une question qui devrait également intéresser nos cavaliers de Trec ! La première méthode consiste à mettre le cheval rênes longues dès qu’il s’arrête. L’idée est qu’il reste tranquille, qu’il souffle, qu’il comprenne que l’arrêt, c’est bien, c’est agréable, c’est facile ! Pour certains chevaux, l’immobilité peut toutefois s’avérer plus compliquée. Dans ce cas, je les empêche d’avancer, je bloque le mouvement en avant, mais je les autorise à reculer s’ils ont envie de bouger. Si le cheval part en reculant, je le laisse faire, et ça peut durer 10/15 mètres. Il finira par comprendre que l’arrêt est plus confortable et il sautera sur l’occasion pour rester tranquille. En tout cas, il ne faut pas rentrer dans le jeu de « il recule, je mets des jambes pour qu’il ravance, puis je bloque mes mains pour qu’il s’arrête et je remets des jambes parce qu’il recule, etc. » : ce serait sans fin ! Il faut juste supprimer le mouvement en avant et lui montrer que l’arrêt est agréable. D’autre part, il faut penser à s’arrêter beaucoup au cours d’une séance, sauf au début car le cheval n’est pas émotionnellement prêt pour cet exercice. (Il faut attendre que la confiance soit bien établie.) Ensuite, il faut multiplier les arrêts, et ce, à des endroits variés.